Hacker la ruralité, suite

Le numérique est un allié puissant pour le développement rural. Il permet de "hacker la ruralité" et de mettre en place une économie régénérative.

Cette semaine, je voulais aborder le sujet du développement rural lié aux frémissements d’exode urbain. Et puis, hasard de la vie, Laetitia Vitaud m’a mis en contact avec Vaughn Tan, universitaire britannique qu’elle avait podcasté. Il est tombé sous le charme de la Haute-Loire et du Livradois-Forez et veut y lancer un projet de développement local.

Cela a été une occasion d’échanger avec lui mais aussi de clarifier et de tenter de théoriser nos pratiques autour de Zevillage et de notre tiers-lieu rural, dans l’Orne.

Tous les acteurs locaux, publics, privés ou associatifs devraient se pencher sérieusement sur ces “envies de campagne” et sur la tendance post-Covid de ces urbains qui passent à l’acte pour changer de vie. Même si le phénomène n’est pas encore très visible dans les statistiques.

Souvenez-vous : 30,9% des nouveaux acheteurs de résidences secondaires souhaitent y vivre plusieurs jours par semaine en télétravaillant. Ce ne sont pas des “prospects qualifiés” pour des campagnes d’attractivité par hasard ? Quand même mieux que des affiches 4 x 3 dans le métro pour séduire le chaland. Il faut oublier le Syndrôme Toyota dont nous parlions dans une précédente lettre !

Car ce public de neo-résidents secondaires, ainsi que celui des nomades, des freelances ou des entrepreneurs de toute nature, sont des populations mobiles capables d’apporter de la richesse et de l’énergie à un territoire. Beaucoup se lancent, ce n’est pas une lubie ou une rêverie compensatoire d’urbains malheureux dans leur vie. Les attirer, leur apporter ce qu’ils cherchent pour leur donner envie de rester sur le territoire constitue un axe de développement qui a fait ses preuves.

Les attirer et leur donner ce qu’ils cherchent cela signifie par exemple créer une communauté pour les relier entre eux et avec les énergies du territoire. Cela veut dire aussi mettre en place des animations et des formations de qualité pour faire monter les habitants en compétence, ouvrir des tiers-lieux pour expérimenter…

Comment faire ?

C’est indispensable de comprendre comment font les candidats à l’exode urbain pour choisir un lieu d’installation. Nous l’avons observé lors de l’expérimentation de Zevillage pour attirer de nouveaux habitants dans la campagne ornaise : une partie des candidats au départ choisit un territoire d’installation parce qu’ils y ont des attaches familiales ou amicales, qu’ils y ont habité ou qu’ils y sont allés en vacances. Mais une autre partie choisit un territoire pour son environnement (mer, montagne…) ou pour son dynamisme. Il veulent en être, c’est The place to be.

Les développeurs économiques, publics ou privés, doivent donc stimuler ce dynamisme de leur territoire. Et, le numérique est un bon levier pour “hacker la ruralité”. Certes, il ne va pas remplacer l’économie résidentielle, l’économie créée localement par les habitants. Mais le numérique va permettre de créer des nouvelles richesses en permettant l’installation de nouveaux arrivés (les “accourus” comme on dit en Normandie) et de développer l’activité des habitants du territoire. Ce qu’on pourrait aussi appeler une économie régénérative.

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Espaces de travail modulables

SuperCargo ambitionne de déployer des espaces de travail de proximité construits avec des containers maritimes recyclés. Faciles à installer, modulables (il suffit de les assembler). Le fonctionnement est simple. Une fois les espaces installés, vous réservez votre temps d’occupation sur une application.
Pour les aider dans le prototypage, les créateurs ont lancé une campagne de crowdfunding sur Ulule. Dépêchez-vous, plus que 10 jours.


Je vous aide

💡 Vous aussi vous voulez quitter la ville pour une vie meilleure à la campagne ou dans une petite ville ? Mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Je vous vous aide à passer à l'acte. Il ne s’agit pas de faire à votre place mais juste de vous aider à y voir plus clair et de vous accompagner.


Vite dit

🤔 Ce que le travail ne sera plus
Le problème du futur c’est qu’on ne le connaît pas. Mais, en ce qui concerne le travail, cette enquête avance quelques idées de ce qu’il ne sera pas, ou plus du tout : 100% en télétravail, présentéiste, étouffé par la réunionite. Mais probablement plus autonome.

👀 Changez de vie… je le veux !
Vous rêvez de changer de vie et vous envisagez même une reconversion professionnelle ? Aucun problème, il faudra juste, peut-être, vous former. Et pourquoi pas hypnothérapeuthe ? L’Ecole centrale d’hypnose (sic) vous y prépare.

🏦 Banque hybride
Le groupe bancaire suisse UBS veut proposer à la majorité de ses 72 000 employés de mélanger présentiel et distanciel. Une décision qui devrait lui permettre de mener un recrutement plus compétitif.

😔 Je suis un peu chargée en ce moment
Vous saviez qu’il existait un baromètre sur la “charge mentale professionnelle” ? Et que cette charge avait augmenté avec la Covid et les confinements ? 4,5 / 10 pour les hommes, 4,9 pour les femmes et 5,2 pour les femmes avec enfants.

🍰 Métier de bouche
Le concept de restaurant connaît aujourd’hui des changements importants avec le « click and collect » et les « dark kitchens » ou « cuisines fantômes ». Pas mal pour une institution née à Paris en 1765.

🤲 Travailler, c’est trop dur, et voler, c’est pas bon
Retourner au boulot ? Alors que la vie reprend lentement son cours, la crise du Covid-19 leur a ouvert les yeux : pour eux, le travail, c'est terminé. Pas même de télétravail, juste plus de travail du tout.

🪑 C’est chaud
Le hot desk est au bureau ce que la “banette chaude” est au sous-marin : un endroit que l’on partage à plusieurs pour optimiser la surface. Mais si la “propriété” de votre bureau, de votre siège et de votre taille-crayon disparaissent, il est probable que votre loyauté envers l’entreprise disparaisse également.


Avant de partir

Je l’avais loupée celle-là. Comme quoi il existe des gisements de télétravail insoupçonnés.


Un dernier truc

Souvent, se plonger dans le passé permet d’éclairer le futur. Le développement des robots inquiète pour l’avenir de nos emplois, mais les métiers qui disparaissent ce n’est pas nouveau. Heureusement, les innovations ont créé plus d’emploi qu’elles n’en n’ont détruit. Un petit dessin animé de Paléofutur sur Arte.


Maintenant c’est fini, vous pouvez y aller. Et si vous aimez cette newsletter pensez à nous laisser un like en cliquant sur le petit ❤️. Et même la partager avec des amis.

A la semaine prochaine.