Exode urbain, oui mais

La Covid-19 a accéléré une "envie de campagne" et de changement de vie. Mais faut-il déplacer un mode de vie urbain en province pour vivre mieux ?

Bienvenue dans cette édition de la newsletter de Zevillage 🙏. Comme chaque jeudi, je partage avec vous une analyse à propos de l’évolution du travail et une sélection de notre veille pour vous donner envie et vous aider à vous engager dans la transformation du travail.

Xavier de Mazenod

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Marre d’être un hamster qui court indéfiniment ?

Nous avons beaucoup parlé d’exode urbain depuis un an, notamment ici ou encore . Un sujet déjà à l’origine de la création de Zevillage en 2004. Depuis le 1er confinement l’an dernier, ce thème a pris de l’ampleur. Certains sont passés à l’acte et ont quitté la ville, d’autres, plus nombreux, en rêvent encore. Près de 80% des Franciliens selon l’Ifop. Ces néoruraux qui ont franchi l’obstacle ne représentent pas encore une grande réalité statistique mais un phénomène déjà visible grâce à plusieurs indices.

L’évolution du marché immobilier est un indice important, très concret. J’achète une maison ou un appartement pour changer de vie. Un sondage de Particulier à Particulier montre clairement une forte augmentation des recherches de résidences secondaires dans les premiers mois de 2021.

Pas un changement de vie radical mais un critère classique qui représente un projet d'achat sur deux. Précisément 49,4 % des répondants souhaitent acheter une résidence secondaire pour y passer vacances et week-ends.

Mais, fait nouveau, 30,9 % des répondants désirent y vivre plusieurs jours par semaine grâce au télétravail. Et, pour cela, ils cherchent en priorité une maisons pas trop éloignée de la ville : ce nouvel usage dope les recherches en Île-de-France qui progressent de 45,9 %.

Un remède à la vie de hamster si bien racontée par Eugénie et qui l’a poussée à quitter Paris.

Quitter la ville, oui mais pourquoi ?

Acheter une résidence secondaire qui restera vide toute la semaine pour y reproduire sa vie urbaine dans un cocon le temps d’un week-end ? Ou en profiter pour penser un changement de vie. Car Eugénie l’explique bien dans l’article ci-dessus : la motivation du départ c’est la soif de verdure mais surtout le besoin d’en finir avec une vie que l’on perd à vouloir la gagner.

Claire Desmares-Poirrier, militante écologiste, a vécu cet exode urbain il y a 10 ans pour s’installer comme agricultrice en Bretagne. Et elle a théorisé ses réflexions dans un petit livre, L’exode urbain, manifeste pour une ruralité positive. Elle y fait le constat de l’échec de l’exode rural et des nuisances urbaines mais souligne surtout les avantages d’une vie rurale comme la qualité des relations humaines ou l’entraide. Une vie plus simple mais absolument pas éloignée de la modernité ni de la culture. Une occasion aussi de repenser la ruralité et les interactions ville-campagne.

Vous envisagez de quitter la ville ? C’est l’occasion de réfléchir à votre projet de vie, pas seulement à organiser votre fuite de la ville.

💡 Et si ce changement de vie vous tente, je vous propose de vous aider à réfléchir à votre projet et de vous accompagner dans votre démarche. Il ne s’agit pas de faire à votre place mais juste de vous aider à y voir plus clair.

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C’est quoi ce travail

Pour le 10e épisode de C’est quoi ce travail !, nous recevons Pascal Demurger, directeur général de la MAIF. Il nous parle de la mise en place du télétravail dans son groupe, des impacts de la Covid-19, de l’engagement de son entreprise dans une politique sociale et environnementale, du social washing et du rôle politique de l’entreprise.

A écouter sur Zevillage et sur toutes les bonnes plateformes de podcasts.


Vite dit

🚛 Et maintenant, les camions autonomes
Il fallait déjà se méfier au tournant des Tesla sans pilote, il va falloir aussi surveiller les semi-remorques du coin de l’oeil. Pour l’instant ces camions autonomes ont encore un humain en cabine pour les surveiller. Une automatisation qui devrait se développer car les livraisons sans chauffeur sont plus rapides.

🖥 Télétravail pour les fonctionnaires… américains
Le gouvernement américain va pérenniser le télétravail adopté provisoirement pendant la pandémie pour ses fonctionnaires. Jusqu’à 4 jours par semaine dans certains ministères. Trop forts.

🚓 J’me sens seule
Face à la hausse du nombre de suicides l'an dernier, le Japon a nommé un ministre chargé de combattre la solitude et l'isolement. Dans cette forte augmentation de suicides due à la baisse des interactions sociales pendant la pandémie, les femmes sont touchées 14 fois plus que les hommes !

🚽 Enfin une vraie question
Evidemment, la tentation est forte de jouer sur les mots avec ce sujet grave et intime. Je vous épargnerai les vannes à deux balles et nous noterons simplement cet argument supplémentaire, assez inédit, en faveur du télétravail.

🤹‍♀️ Vers la semaine de 1 jour
Les 35h c’était un truc de petits bras. Une étude montre que le nombre optimal d'heures de travail à partir duquel la santé mentale des travailleurs est la plus élevée est de… 8h par semaine. L’étude ne dit pas comment on paiera le loyer avec 1 jour de travail par semaine.

🙏 Retour au calme
Amazon a mis en place dans ses entrepôts des cabines nommées AmaZen, destinées à favoriser la santé mentale du personnel à l’aide vidéos relaxantes et de séances de méditation.

🚲 Vous avez dit mobilité douce ?
Tout le monde n’est pas capable de réaliser des “aménagements cyclables merdiques” (photos à l’appui) constituant un savant équilibre entre gêne occasionnée aux cyclistes, dangerosité évidente et grand n’importe quoi. 


Dans le poste

Sodexo Pass m’a invité dans sa nouvelle saison de 6 podcasts à parler des conséquences de la Covid-19 sur le travail et sur les organisations.


Avant de partir

Une pépite des archives de l’INA : un reportage de 1958 sur la construction du CNIT, “le palais de la mécanique”, vitrine de l’industrie et embryon du quartier de la Défense, avec sa tour d’habitation mixte de 200 m de hauteur. Mariage de technocratie contente d’elle-même, de certitudes des Trente Glorieuses et d’un monde où la ville devait se plier à l’automobile.


Un dernier truc

L’histoire ne dit pas si ce perroquet adepte de Lynyrd Skynyrd s’est mis au rock grâce au confinement :


Maintenant c’est fini, vous pouvez y aller. Et si vous aimez cette newsletter pensez à nous laisser un like en cliquant sur le petit ❤️. Et même un commentaire si vous débordez d’inspiration. A la semaine prochaine.