On fait quoi des campagnes maintenant ?

Mort des métropoles, exode urbain et déforestation

Bienvenue dans cette édition de la newsletter de Zevillage 🙏. Comme chaque jeudi, je partage avec vous une analyse à propos de l’évolution du travail et une sélection de notre veille pour vous donner envie et vous aider à vous engager dans la transformation du travail.

Xavier de Mazenod

Si vous arrivez directement par le Web, ou qu'un ami vous a transféré la newsletter, vous pouvez vous y abonner, c’est juste ici :

Tu es plutôt ville ou plutôt campagne ?

Si tu aimes la campagne tu n'es pas pour la ville. Et réciproquement. C'est tout vu. Curieuse façon binaire de voir les choses, mais il est vrai que les Français sont très idéologues. Un trait de caractère souvent dénoncé par nos voisins (et pas que les Anglais).

La Covid a lancé un débat sur la fin des villes, où, plus exactement, des métropoles. New-York, la capitale des commuters avec 1,6 millions de travailleurs pendulaires (PDF) qui venaient à Manhattan chaque jour pour travailler perd des habitants. Londres se vide et les Parisiens rêvent de campagne.

La ville ne séduit plus et la pandémie a agi comme déclencheur d’une prise de conscience. Tous les urbains qui n’étaient pas heureux dans leur vie professionnelle pour qui les nuisances finissaient par l’emporter sur les avantages, réalisent qu’il existe une vie en dehors du boulevard périphérique.

Une aubaine pour tous les territoires ruraux dont la population partait ou vieillissait. Des années de ragard condescendant, voire méprisant sur la ruralité pourraient s’effacer avec ce regain d’intérêt.

Vous trouvez que j’exagère en parlant de mépris ? La vision des urbains est au minimum condescendante et n’imagine la “province” qu’en territoire agricole. Dans cette vision, l’agriculteur n’est donc qu’un destructeur de l’environnement, ce qui justifie l’agribashing.

Les territoires ruraux sont divers, parfois industriels (toutes proportions gardées), il y existe une vie culturelle et on n’y parle de sabots que pour les reportages de Jean-Pierre Pernaut. Bref, ils ne correspondent pas à l’image et aux phantasmes des citadins décrits dans ce long article de France Culture que je vous recommande. La campagne serait même l’utopie du XXIe siècle (à écouter).

La revanche des campagnes et des petites villes

Une aubaine pour les territoires ruraux donc. Si cela vous intéresse (laissez-moi un commentaire), une prochaine fois, je vous parlerai de ces territoires qui ont développé des politiques d’attractivités originales et efficaces.

Mais en attendant, il faut se poser la question des effets de cette nouvelle quête de ruralité. Dans mon département, l’Orne, les agents immobiliers ne trouvent plus de biens à vendre. Même chose dans plusieurs département du Grand Ouest. Ailleurs en France, les villes moyennes et les petites villes profitent du mouvement.

En admettant que cet exode se confirme, il ne faudrait pas qu’il se fasse au détriment de la qualité de vie, de l’environnement et du patrimoine. Les défauts de la France péri-urbaine dénoncés par un célèbre article de Télérama sur la France moche ou par Christophe Guilluy dans sa France Périphérique donnent une idée de ce que pourrait produire une installation des villes à la campagne. A commencer par le danger de l’artificialisation des sols très bien expliqué par Sylvain Grisot dans sa newsletter Dixit. Ou dans cette vidéo à base d’images de Google Earth :

Il existe bien-sûr d’autres voies que l’étalement urbain à la campagne ou dans les petites villes. Par exemple le projet de Rob Hopkins de Villes en transition qui compte plus de 1500 groupes dans 50 pays. Une réflexion large qui touche plus que notre autonomie au travail et notre vie personnelle.

On peut aussi faire évoluer la “France moche” car des gens y vivent qui ont des projets et de l’imagination. Par exemple en favorisant la densification de logements par le Build in my backyard (BIMBY).

Réjouissons-nous des opportunités d’aménagement du territoire engendrées par le coronavirus. Et réjouissons-nous aussi de l’opportunité de réflexion et de potentiel d’actions apportés par la pandémie.

👍 Partager sur WhatsApp


Télétravail et logements

La crise sanitaire et le développement du travail à distance ont modifié nos attentes en matière de logement. Ils ont déjà un impact sur la ville, sur les infrastructures et sur le renouvellement de l’habitat traditionnel. Du BIMBY dont nous parlons ci-dessus, au coliving, en passant par les éco-quartiers et l’habitat participatif, Jean-Pierre Chapuis, spécialiste de l’urbanisme opérationnel, explore des innovations qui prennent de l’importance. Avec un focus particulier sur la ville de Rennes.

Leave a comment


Le coin pratique

Ecosia est un moteur de recherche écolo, une alternative à Google. Les bénéfices engendrés par vos recherches en ligne avec ce moteur sont utilisés pour planter des arbres là où le besoin se fait le plus sentir. Cette extension de votre navigateur est gratuite.
Ecosia est aussi disponible dans le navigateur Brave qui respecte votre vie privée et votre confidentialité en bloquant automatiquement les trackers et les annonces envahissantes. Ce qui est moins gourmand en énergie d’environ 30% par rapport à Chrome. Brave + Ecosia, le couplé gagnant.


Vite dit

🏢  Faut s’y faire
Les bureaux de Canary Wharf, à l’Est de Londres, 2e quartier d’affaires de la ville après la City, accueillent habituellement 120 000 personnes chaque jour. Selon Transport for London, le dernier jour ouvrable de février 19 282 personnes seulement sont passées par la gare de Canary Wharf, contre 110 609 un an avant.

✈️ Jet lag
Le volume de voyage d’affaire devrait revenir à 70% de son taux d’avant Covid en 2023. Pour les 30% restants, ce sera beaucoup plus long (anglais) : ils ont pris l’habitude d’utiliser Zoom, Face Time et des robots dédiés plutôt que l’avion. Dans l’industrie aussi.

🛒 Business to consumers
Signe des temps, Steelcase, entreprise spécialisée dans le mobilier de bureau pour les entreprises et l’aménagement de bureaux, vient de lancer une collection de chaises de bureau en vente directe en ligne… pour les trélétravailleurs.

🤣 Faut rigoler…
Le rire serait un facteur de cohésion, soulagerait les tensions et favoriserait les relations humaines. Il serait donc un ingrédient essentiel des réunions efficaces. Bientôt des Chief Gag Officers ?

😭 … On ne rigole plus
Les défaillances d'entreprises se sont maintenues à un niveau exceptionnellement bas en France au premier trimestre 2021. Mais le mois de mars a marqué une inflexion, avec une explosion des procédures et des liquidations.

🌈 Vive la liberté
La crise actuelle est une occasion pour se poser des questions et reconsidérer son statut professionnel. D’après une enquête menée par Malt, une plateforme d’offres de mission pour freelances, 43 % des actifs sondés envisageraient de devenir freelance et de rejoindre les 3,6 millions d’entrepreneurs actuels.

🛠 Tu n’iras plus au supermarché

Denis Pennel (que nous avions interviewé pour son livre précédent) parle, avec Laetitia Vitaud, de son dernier ouvrage, Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur. Il y dénonce le passage d’une économie de masse à une économie dictée par la demande. Avec de lourdes conséquences sur le travail.

🎉 C’est la fête
Le sociologue Jean Viard en est persuadé : l'après-Covid sera positif et marqué par une "soif de vie" comparable à celle qui a suivi la Libération. Grâce au débarquement des vaccins américains ? C’est aussi l’opinion d’un dossier de The Economist : le monde du travail post-pandémique sera radieux.

✉️ Partager par email


Avant de partir

C’est fini pour cette semaine. Il me semble, d'après les statistiques, que l'intelligence artificielle n’est pas un sujet qui vous passionne. Pourtant elle permet aussi d'animer des photos de vos proches bien-aimés. Assez bluffant.


Un dernier truc

Un dernier truc pour la route. Un sujet grave cette semaine abordés par les Deschiens.


Avant de faire vos valises pour la semaine, si vous aimez cette newsletter pensez à nous laisser un like en cliquant sur le petit ❤️.