Pourquoi faut-il précieusement garder sa valeur ?

Ne confiez pas les clés de votre business à d'autres

Bienvenue dans cette édition de la newsletter de Zevillage 🙏. Comme chaque jeudi, je partage avec vous une analyse à propos de l’évolution du travail et une sélection de notre veille pour vous donner envie et vous aider à vous engager dans la transformation du travail.

Xavier de Mazenod

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Un plat de lentilles et les yeux pour pleurer

Distributeur de plats cuisinés
En quelques mois de pandémie l’offre de distributeurs automatique a explosé et permet à des producteurs de s’affranchir des monopoles (de fait) de distribution.

Donald Trump, président de l’un des plus puissants pays au monde, a perdu du jour au lendemain des 89 millions de followers quand Twitter a définitivement fermé son compte. Et il a dû se rabattre sur des communiqués de presse pour tenter d’exister. Voilà ce qui arrive quand vous appuyez votre business sur un tiers que vous ne contrôlez pas.

C’est ce qui est aussi arrivé à la presse comme l’illustre la petite guerre Facebook-Gouvernement en Australie. Premier round : le gouvernement prépare un projet de loi pour obliger Facebook à rétribuer les journaux dont il publie les contenus. Deuxième round , le 17 février : en rétorsion, Facebook banni les contenus de la presse qui perd son canal de diffusion préféré et “gratuit”. Troisième round, le 22 février : vite fait, le gouvernement australien négocie et Facebook republie les contenus de la presse.

Je n’entrerai dans le débat sur le pouvoir et la régulation des Gafam. Ce qui est intéressant à observer ici, c’est la désinvolture avec laquelle la presse a abandonné sa valeur(ses contenus) en en confiant sa promotion aux réseaux sociaux. Sans voir qui, dans l’échange “contenus contre promotion”, gardait pour lui seul les informations sur les lecteurs (et donc la valeur).

Vous me suivez ? Un autre exemple dans lequel les producteurs ont troqué leur valeur contre un plat de lentilles ?

Qui de l’agriculteur et du supermarché possède la valeur, c’est-à-dire le produit. Mais qui, à votre avis, en récolte les plus gros bénéfices ? Le supermarché (ou la coopérative, ou le transformateur) offre un service commercial et logistique aux producteurs, c’est certain. Mais que peut faire le producteur si le supermarché lui demande une petite marge arrière ou s’il le déréfence de ses magasins ? Ou si le fabricant de fromage baisse le prix d’achat de son lait ? A part déverser du fumier devant la préfecture, pas grand chose. Sa valeur lui échappe.

Vous connaissez certainement d’autres secteurs dans lesquels des offreurs de service ont fini par établi des monopoles qui étouffent. Peut-être en souffrez-vous vous-mêmes. Comme les hôteliers qui se sont réjouis de l’arrivée des plateformes de réservation comme Booking ou Expedia dont ils sont aujourd’hui devenus dépendants. Ou les restaurateurs passés avec succès au click and collect mais ne pouvant plus se passer des Deliveroo ou Uber eats qui facturent de grosses commissions.

Camarade, reprend tes pouvoirs

Cette économie de la plateforme touche même les freelances. Ces intermédiaires apportent certes des missions aux indépendants mais là aussi le rapport de force est faussé.

Ce phénomène de fuite de valeur est aussi vrai pour les salariés. Que penser des ces tout-puissants cadres dirigeants de grands groupes réduits à embaucher des attachés de presse pour exister professionnellement après un licenciement ? Faute d’avoir pensé à préserver leur employabilité.

Que faire alors ?

Se poser la question de sa valeur est un prérequis. Ce n’est pas parce que mon restaurant, mon commerce, mon usine ou mon emploi existe depuis longtemps et qu’un distributeur (ou un employeur) fait ma fortune qu’il en sera toujours ainsi. Je ne possède pas les adresses mails de mes clients, que se passera-t-il si un confinement me surprend demain et m’oblige à fermer boutique ?

Ensuite organisez-vous dès maintenant pour échapper aux monopoles, même - et surtout - s’ils vous apportent beaucoup de business. Faites comme Pascal Obispo qui a créé sa propre plateforme pour toucher directement son public. Ou comme ces restaurateurs ou charcutiers qui louent des distributeurs pour vendre en direct leur production (c’est à la mode).

Et, si vous êtes salariés, ne perdez pas de vue que l’emploi à vie n’existe plus. Récupérez votre valeur et protégez votre employabilité en vous formant et en existant par vous-même. Ouvrez un blog, fabriquez votre réseau. Et mettez-vous à votre compte, pourquoi pas ?

PS : à propos d’innovation, je vous recommande ce webinaire, le 9 mars à 9h.

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“Nous paysans” ou le métier d’agriculteur depuis un siècle

🐄  Nous paysans est un très beau et passionnant documentaire réalisé par Fabien Béziat et Agnès Poirier. Il raconte l'évolution du métier d'agriculteur et du monde paysan depuis un siècle. Alors majoritaires dans la population française, les paysans n’en représentent plus qu'une petite minorité. Ils ont vécu la mécanisation, l'industrialisation, la fuite en avant productiviste. Ils sont en crise et parfois mal-aimés. Mais ils doivent désormais repenser le modèle agricole et inventer l'agriculture de demain pour continuer à nourrir la France.

⏯ A voir absolument en replay sur France 2.


Vite dit

👉   Slam, pub, femmes, cabinet comptable… mais pas de raton laveur
Olivier, alias Eurêka, est slammeur et il en a fait son métier. Il se produit sur scène mais réalise aussi des petits clips de publicité originaux, comme celui-ci pour un cabinet d’expertise-comptable 100% féminin.

👉   Salon virtuel pour freelances
Depuis plusieurs années le Salon SME regroupe des freelances et des entrepreneurs. Pour cause de pandémie, il se tient cette année en ligne, et diffusera 6 conférences le 11 mars. Je participerai à la conférence Free-lances : comment concilier liberté et performance ?

👉   Ceci n’est pas un photomaton (ni une pipe)
Ces cabines pour télétravailleurs installées dans le métro de Tokyo par Fuji partent d’un bon sentiment : offrir un espace de travail équipé pour attendre son métro. Mais cela me met mal à l’aise, comme ces “hôtels capsules”. Existe-t-il une limite à la rationalisation de nos journées de travail ?

👉   N’abusez pas de la visio
La visioconférence c’est un outil, un moyen, pas la base d’une organisation de travail. Oublier cela, c’est s’exposer à la fameuse “zoom fatigue” dont les causes sont très bien expliquées dans cet article.

👉   C’est pas joli joli
Pour suivre le sujet de la newsletter d’il y a deux semaines, une information consternante sur les causes de l’échec de l’institut Pasteur dans la recherche de vaccin anti-Covid : de l’égo et de la rivalité de petits chefs. Vive la vie de bureau !

👉   Faire sauter la banque… dans le XXIe siècle
David Solomon, le PDG du groupe Goldman Sachs, a déclaré, lors d’une conférence, que le télétravail n’était pas le “new normal” : “ C'est une aberration que nous allons corriger le plus rapidement possible". Les banques exercent une activité parmi les plus “télétravaillables” mais sont parmi les plus rétives, avec des arguments à 2 balles.

👉   Bureau de demain : opération séduction
Le bureau du monde d’avant, c’est mort, même si certains ne l’ont pas encore compris (voir la brève juste au-dessus). Microsoft et CapGemini proposent trois scénarios de futurs possibles pour séduire les salariés avec de jolis bureaux. Comme des pommes de pain qui s’ouvrent à la lumière et à la chaleur aux beaux jours 🍾. Sinon, les vrais enjeux du bureau de demain c’est aussi cela (via la super newsletter de Noémie).

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Avant de partir

C’est fini pour cette semaine. Avant de partir, jetez un oeil à cette nouvelle collection pour femmes, Dior chez moi, créée pendant le confinement. Voilà de quoi vous motiver à rallumer la vidéo en visioconférence pour vous la péter… après avoir cassé votre tirelire. 🐖

Un dernier truc

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Un dernier truc avec ce démontage de langue de bois professionnelle : “Comment ne pas dire que c'est la cata”.