Manger mieux ou manger industriel ?

L'alimentation est un secteur économique important mais c'est aussi un pan entier de notre culture, un élément de notre qualité de vie et de notre santé. Que voulons-nous en faire ? Révolution en vue.

L’alimentation représentait 29 % du total du budget de consommation des ménages français en 1960 et seulement 17 % en 2019. Parce que nous avons d’autres priorités - les voyages par exemple - et parce qu’une offre de produits moins chers fait baisser la part de l’alimentaire dans notre budget.

Le problème c’est que la baisse du prix a été rendue possible grâce à l’industrialisation de la fabrication des aliments de plus en plus transformés. Les produits finis sont moins naturels, avec de plus en plus d’additifs dont on ne connaît ni le nom ni les effets (faites-vous peur avec la liste des additifs), de plus en plus sucrés et salés. Même si les industriels essayent de s’améliorer, la qualité de notre alimentation se dégrade.

Le résultat de cette évolution, mondiale, des habitudes alimentaires se traduit par une altération de notre santé. On estime qu’en 2030 la moitié de la planète sera obèse ou en surpoids, entraînant une explosion du diabète, des maladies cardio-vasculaires et de certains cancers.

Si l’on ajoute à cela les scandales à répétition (aliments pollué par des pesticides cancérigènes retirés de la vente ces jours-ci, les accidents pendant la fabrication ou la fraude comme dans l’affaire des lasagnes au cheval), cela commence à faire beaucoup.

Le problème n’est pas lié à la simple industrialisation mais plutôt à l’industrialisation qui transforme trop les aliments. Je vous recommande le documentaire La grande malbouffe (à voir sur Arte en ligne) qui explique ce mécanisme de transformation à partir de la fabrication d’un cordon bleu industriel. Rien de spectaculaire ni de manichéen dans ce film qui m’a un peu scotché par sa limpidité.

D’ailleurs la malbouffe vegan en prend aussi pour son grade. Car fabriquer un faux steak végétal nécessite de 25 à 30 additifs ! Et vas-y pour les poudres qui créent la texture, et d’autres le goût, et encore pour retenir l’eau dans le steak et lui donner du moelleux. Et oui car dans ces produits industriels vous pouvez payer plein pot… de l’eau !

La solution pour s’opposer à la malbouffe est assez simple : bannir tous les produits industriels trop transformés et reprendre la maîtrise de ce que l’on met dans notre corps en cuisinant nous-mêmes à partir des produits de base, bio si possible. Et pour cela, faites vos courses chez les producteurs, au marché, chez les petits commerçants locaux ou même au supermarché à l’aide de l’appli OpenFoodFacts pour découvrir la composition des produits transformés et le fameux NutriScore.

Une démarche de reprise en main également adoptée par des cantines scolaires ou des entreprises qui innovent. A ce sujet, je vous recommande ce passionnant article historique sur les cantines et l’alimentation au travail.

Oui mais vous me direz : le prix ?

C’est vrai, mieux s’alimenter coûte plus cher. Et c’est là que le discours sur le prix bas n’est pas honnête intellectuellement. Car il ne dit pas que les prix bas s’obtiennent grâce… à une qualité basse.

Les enjeux de cette transformation sont importants. La consommation de masse liée à la production, à la fabrication et à la publicité de masse ont du plomb dans l’aile. Toute une filière économique (agriculture, industrie, distribution) doit changer ses pratiques. D’abord parce qu’elle participe à la dégradation de notre santé, de notre art de vivre et de notre culture. Mais aussi parce qu’elle risque de souffrir, plus vite qu’elle ne le pense, d’un refus massif et brutal de ses pratiques. A moins que son lobbying ne réussisse.

Quel est le lien avec le Futur du travail ? La première grande révolution de l’humanité a été le passage au travail de la terre qui a bouleversé notre alimentation et nous a fait passer de nomades à sédentaires. Aujourd’hui, une révolution de même nature pourrait bien être notre futur.

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Sautez le pas

💡 C’est vrai que vous voulez quitter la ville pour une vie meilleure à la campagne ou dans une petite ville ? Je vous propose de vous aider à réfléchir à votre projet et de vous accompagner dans votre démarche. Il ne s’agit pas de faire à votre place mais juste de vous aider à y voir plus clair.


Vite dit

🤔 Mission ou mission ?
L’universitaire Frédéric Fréry estime que l’entreprise à mission détourne l’entreprise de sa mission. Pas une polémique mais une position argumentée qui détonne avec la position du directeur de la MAIF, Pascal Demurger, que nous avions interviewé.

😎 Facebook version full remote
Nous allons être l'entreprise la plus avant-gardiste en matière de travail à distance à notre échellea récemment annoncé Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook en ouvrant largement le télétravail à 100% pour ses salariés volontaires. Ce qui pourrait permettre à la moitié de ses 48 000 salariés de passer en full remote d’ici 5 à 10 ans. Les mauvaises langues disent que c’est la porte ouverte à la concurrence mondiale de l’emploi. Vous en pensez quoi ?

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🚖 Groooosse fatigue
Aux États-Unis, le mirage de l'ubérisation commence à se dissiper. Finis les prix bas et avec eux le mode de vie urbain qui les accompagnait.

🏭 Réouvrir des usines
De jolis projets pour donner une seconde vie à des usines fermées en Caroline du Nord. Avec la montée du travail à distance, les développeurs territoriaux parient qu'ils peuvent attirer les jeunes talents et augmenter les perspectives économiques pour les zones défavorisées de l'État (merci à Laetitia pour le lien).

😱 Plus jamais ça
C’est toute une génération, la fameuse Z, qui refuse la manière de travailler de “l’ancien monde”. Et le dit dans un manifeste sur le réseau TikTok : "Ce serait comme si 98% de la population des États-Unis avait subi un lavage de cerveau et qui croirait qu'il est normal de renoncer à 5 jours sur 7 de sa semaine pour enrichir quelqu'un d'autre pendant 40, 50 ans en faisant quelque chose qu’ils n’aiment pas vraiment, juste pour avoir 10 ans de liberté avant d'être trop vieux pour en profiter."


Agenda

☑️ Conférence : Rédaction et neurosciences - Jeudi 24 juin à 18h
Nos amis Jean-Marc Hardy et Isabelle Canivet, grands spécialistes de l’écriture Web, proposent une conférence sur la rédaction et les neurosciences. Garantie sans SEO ni techniques d’écriture. Inscriptions pour participer en ligne.


Avant de partir

En 2012, Jérôme Choain, informaticien et musicien amateur, compose cette chanson, Je veux télétravailler, chanson optimiste. Nous l’avions élu Hymne de l’année. Depuis, la Covid est passée par là et Jérôme a été exaucé.


Un dernier truc

En France, tout se termine en chanson. Et avec Thomas Dutronc qui n’aime plus Paris, “Même plaqué or, Paris est mort Il est 5 hors, Paris s'endort”.


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