La liberté guide le Future of Work

La soif de liberté ou au moins de flexibilité guide la transformation du travail : liberté de lieu, de temps et d'action

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Quand on observe les mutations en cours dans le monde du travail, elles ont toutes un point commun : l’aspiration à plus de liberté, à plus de flexibilité.

Un an de confinements et de vies bouleversées par la Covid ont donné le temps et l’opportunité à beaucoup d’entre nous de réfléchir à leur travail, à leurs priorités de vie, à la place du travail dans leur vie.

Certains en ont tiré des conclusions radicales comme un changement de travail (voir la vidéo de Karim Duval ci-dessous) ou de déménagement hors des grandes villes, d’autres ont profité de la flexibilité post-Covid offerte par leur entreprise : journées de télétravail plus nombreuses, horaires de travail plus souples.

C’est le constat que faisait déjà Denis Pennel dans son avant-dernier livre, Travail, la soif de liberté. Des pionniers inventent et testent le travail de demain.

Et, fait amusant, ces mutations du travail modifient la règle de l’unité du théâtre classique du XVIIe siècle qui est aussi celle du bureau : l’unité de lieu, l’unité de temps et l’unité d’action.

  • Flexibilité de lieu de travail

On ne parlera pas de l’avancée de la cause du télétravail engendrée par la pandémie, tout le monde est au courant. L’attente des salariés est grande et beaucoup d’entreprises l’ont entendue : 2 à 3 jours par semaine passent progressivement dans les moeurs. Même si certains employeurs résistent encore (paywall).

Ces salariés qui ont déménagé loin de leur bureau - sans forcément quitter leur entreprise - ouvrent eux aussi la voie au découplage entre le bureau et le travail. Comme le font aussi les digital nomads ou les freelances se regroupant dans des coliving.

  • Flexibilité de temps de travail

D’autres entreprises s’essayent à liberté horaire qui facilite le mélange de nos activités privées avec celles du travail. Pourquoi être obligé de “poser” un jour de congé pour aller chez le dentiste ou attendre la livraison d’un réfrigérateur alors qu’on peut décaler son temps de travail pour le finir plus tard dans la soirée ou un autre jour?

A cette flexibilité on peut aussi ajouter le sujet de la diminution (choisie) du temps de travail expérimenté par quelques pionniers : semaine de 4 jours ou journées de 6h.

  • Flexibilité de l’unité d’action du travail

Dans ce chapitre on trouve toutes les expériences qui renforcent la responsabilisation des salariés, par l’aplatissement des hiérarchies ou l’inversion des pyramides hiérarchiques, l’entreprise plus ou moins libérée, les coopératives. On peut aussi ranger les slashers dans cette catégorie, qui cumulent plusieurs emplois, par nécessité ou par choix, pour mêler travail alimentaire et travail passion.

Que faire ?

Certes, ces mutations ne touchent pas - encore - toutes les entreprises. Et il n’existe pas de recette à copier-coller pour réussir. Mais les expériences sont à surveiller de près car le champ d’application des changements en cours est très large.

Cette semaine, dans sa newsletter, Samuel Durand parle de l’organisation du projet Hyperloop d’Elon Musk. L’équipe française qui gère ce projet de recherche de train à grande vitesse compte une cinquantaine de salariés et 800 contributeurs qui participent librement pour quelques heures de travail par semaine. Avec une particularité : ils ne sont ni salariés ni freelances mais payés en actions.

Cette semaine encore, on apprend qu’Accenture propose des postes salariés en full remote.

Le plus simple pour avancer sur ce chemin du libertariat, comme le nomme Denis Pennel, c’est d’expérimenter, de regarder ce que font les autres pour s’en inspirer. Sachant que chacun fera avec sa culture et les obligations de son secteur d’activité.

L’important est de comprendre cette soif de liberté qui impose un préalable de responsabilité et de confiance. Le reste suivra.

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Le nazisme, une matrice du management moderne?

Paf, un point Goodwin par surprise en plein dans votre newsletter ? Pas du tout, c’est du sérieux, et sur France Culture en plus. Johann Chapoutot, professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne Université est interviewé à propos de son livre Libres d’obéir, le management du nazisme à aujourd’hui. L’histoire d’un petit bureaucrate SS qui termine la guerre comme général avant de fonder un institut de formation au management qui verra passer 600 000 cadres de RFA.

Une interview passionnante à partir d’un travail d’historien, avec beaucoup de surprises, où l’on parle de hiérarchie, bien-sûr, mais aussi d’engagement, de performance, de ressources humaines, de liberté et de sémantique. Petit spoiler : les nazis avaient inventé l’ancêtre du Chief happiness manager.


Vite dit

🪜 Envoyez-vous en l’air avec vos collègues
Dernier jour pour participer au petit challenge d’OfficeRiders pour tenter de gagner une réunion à bord d’une montgolfière. Si vous avez le vertige, il vous reste Zoom pour les rencontres au sommet.

🛴 Mobilités douces rurales, c’est possible
France Masai est sénatrice et patronne du groupe Ecolo en Belgique. Dans cette tribune, elle présente quelques pistes pour diminuer l’incontournable usage de la voiture en milieu rural (via Dixit).

🤡 Fallait oser, sur un malentendu ça peut marcher
Devant la forte augmentation du prix du carburant, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a demandé aux stations services de faire un effort pour baisser leurs marges. Or, celles-ci sont de 0,7 à 2 centimes par litre, quelque soit le prix de vente. Alors que la taxe sur les produits énergétiques (TICPE) et la TVA représentent 85 à 90 centimes par litre.

👍 Ben voilà
Amazon a informé ses employés que ce sont dorénavant les managers qui décideront de la fréquence à laquelle ils viendront au bureau, avec plusieurs possibilités de télétravail.

💥 Désagrégation du travail
Dans le podcast Silicon carne, Carlos Diaz se pose la question de la fin du contrat de travail. Le travail "traditionnel" tel que nous le connaissons ne fait plus recette et on voit émerger une nouvelle économie dans laquelle les individus préfèrent investir leur temps plutôt que de le vendre.

🍾 Hips
Un entrepreneur ouvre sa propre maison aux pros du cognac et de Cognac. Un lieu d’échange, de partage, le premier tiers-lieu destiné aux sociétés de vins et spiritueux. Curieux qu’aucun Français n’y ait pensé avant !

👬 Exode urbain
Les Parisiens quittent la ville ou pas ? Et bien oui et ils emmènent leurs enfants avec eux : près de 6 000 élèves ont déserté leur école à la rentrée. En cause, la pandémie, qui a encouragé moult parents à quitter la capitale.


Pourquoi on bosse ?

« Les études montrent non seulement que les premiers agriculteurs devaient travailler beaucoup plus dur que les chasseurs-cueilleurs, mais aussi que les bénéfices qu’ils tiraient de ces efforts supplémentaires étaient souvent, au mieux, minimes. 

Alors pourquoi le faisaient-ils ? Au service d’une petite élite privilégiée ? Pour avoir du temps lors de la saison d’hiver pour élever des monuments à leurs dieux, dont les premières traces sont d’ailleurs plus anciennes que celles de l’agriculture ? Ou simplement pour le plaisir, ou la sensation rassurante, de faire quelque chose ensemble ? »
James Suzman - Travailler (Editions Flammarion)


Votre commune est-elle désirable ?

Dans leur livre La France sous nos yeux, l'analyste politique Jérôme Fourquet et le journaliste Jean-Laurent Cassely se sont livrés à un travail d'évaluation de la notoriété des communes de France à partir de leurs pages dans Wikipedia.

Ils mettent en évidence les espaces qui suscitent de l'intérêt et une forme de désirabilité (en rose sur la carte) et, à l'inverse, les zones qui ne provoquent que peu ou pas de curiosité et d'attention et qui sont donc moins attractives (en noir sur la carte).


Un dernier truc

Cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas fait un petit Karim Duval. Comme d’habitude, très bien vu.


Bonne semaine

Et voilà, maintenant c’est fini, vous pouvez y aller. Et si vous aimez cette newsletter, laissez-nous un like en cliquant sur le petit ❤️. Et même, partagez-la avec des amis.