Faut-il libérer les vaccins ?

Où l'on reparle de la théorie des communs

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Vaccins open source pour vivre et travailler normalement ?

L'accès aux vaccins anti-Covid a ramené le sujet des “communs” dans l'actualité. Cette théorie dispose que certaines ressources ou biens culturels appartiennent à tous sans que nul (public ou privé) ne puisse s’en attribuer la propriété. Comme l’air ou l’eau par exemple.

Le domaine de la connaissance se prête bien à l’application de cette notion de bien commun puisque celui qui partage un savoir enrichit les autres sans s’appauvrir. On a tous à l’esprit Wikipedia ou, d’une manière plus large, les créations en open source. On pense bien-sûr aux logiciels libres quand on parle d’open source mais le concept s’applique aussi aux jardins partagés, aux tracteurs, aux semences ou aux éoliennes.

Une véritable “économie du don” qui repose sur le partage et pas sur l’appropriation monopolistique. Absolument pas une zone de non droit mais plutôt une zone dans laquelle le contrat est créé pour faciliter l’usage et le partage plutôt que de mettre l’accent sur la protection du créateur (qui reste protégé). Et pour faciliter cette démarche, le juriste américain Lawrence Lessig a créé les licences Creative commons sous lesquelles Zevillage a, par exemple, placé ses contenus.

Je vous disais donc que la lutte contre la Covid-19 avait remis le sujet des communs sur la table (après un débat au sénat fin 2020) à propos de la diffusion des vaccins.

En effet, peut-on regarder, sans rien faire, des gens mourir en masse dans des pays qui n’ont pas les moyens de financer des campagnes de vaccination ? Et comment atteindre l'immunité collective mondiale si on ne vaccine pas toute la planète ? La levée des brevets sur les vaccins a donc été proposée comme solution. Ce n’est pas nouveau, le problème s’était déjà posé lors d’autres pandémies comme celle du sida.

« Oui nous devons évidemment faire de ce vaccin un bien public mondial » a déclaré Emmanuel Macron début mai. Ce qui semble une solution de bon sens.

Mais les choses ne sont pas si simples. Mettre au point une nouvelle molécule, un nouveau vaccin, un nouveau médicament coûte très cher. Avant la “disruption” de l’ARN-messager, on parlait d’environ 1 milliard de dollars d’investissements et de 10 ans de travail pour mettre sur le marché un nouveau produit. Et construire un outil industriel de production prend au moins 4 ans. Ce qui explique la contrepartie d’une protection juridique du nouveau médicament par un brevet de 20 ans avant la tombée dans le domaine public et la possibilité de “génériquer” le médicament.

Lever les brevets des nouveaux vaccins n’est pas simple à mettre en oeuvre. Qui va financer la production des vaccins “libérés” ? Et qui va investir dans la recherche à l’avenir si on supprime la rentabilité des investissements ? Ce qui ne manque pas de provoquer des débats comme dans cette discussion :

Encore une fois nous retrouvons un débat entre générosité (au moins affichée) et pragmatisme. Les laboratoires pharmaceutiques ayant bénéficié de très grosses subventions publiques ne pourraient-ils pas faciliter un certain retour en faveur de pays n’ayant pas les moyens de vacciner leur population ?

A lire aussi : Les communs appliqués à un autre domaine sur Dixit.

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La crise, c’est d’abord pour les femmes

Malgré les nombreux dispositifs de soutien ciblés sur les femmes, celles-ci ne représentent que 40% des créateurs d’entreprises. Et, selon le Credoc, à cause de la pandémie, elles ont plus souvent arrêté leur activité que les hommes, ont moins accès au crédit et se retirent plus de la sphère publique à cause d’un meilleur respect des recommandations sanitaires.
Par ailleurs, une enquête italienne a démontré qu'une mauvaise répartition des tâches domestiques avait un impact négatif sur l'expérience du télétravail des femmes.


Vite dit

🧘‍♀️ Cool, man !
Paul Douard, rédacteur en chef de Vice, a inventé “l’anti-ambition”. Une sorte de décroissance dans le travail dans laquelle la bienveillance remplace la performance à tout prix. Un peu la démarche qu’on retrouve institutionnalisée chez Gumroad.

🙈 🙉 🙊 Hémorragie de salariés
Un travailleur sur quatre (26 %) prévoit de chercher un emploi dans une autre entreprise une fois que la pandémie aura disparu, selon une enquête de Morning Consult. Et un télétravailleur sur trois pourrait démissionner s’il doit retourner au bureau à plein temps selon un sondage réalisé par Robert Half.

🐥 Je ne sais plus où j’habite
L’Insee propose une nouvelle définition, plus claire, des espaces ruraux qui ne sont plus le simple opposé des territoires urbains, mais bien des espaces de vie à part entière. Du coup, selon cette nouvelle classification, 33% de la population y vit, contre 22,4% auparavant.

🏆 Travailler libre
Le régime des autoentrepreneurs (on dit micro-entrepreneur aujourd’hui) ne cesse de rallier des adeptes : promesse de liberté, mais parfois aussi condition sine qua non pour décrocher du travail.

⛺️ Coworking extrême
Le groupe hôtelier Accor a décidé de pivoter, comme on dit dans les start-up, et de se transformer en plateforme de Flex Office (bureau flexible) : une place de marché pour proposer des espaces de travail alternatif dans ses 5 200 hôtels mais aussi dans les dizaines de milliers de bars, de restaurants, de musées, d’appartements.
Sa cible : les 8 milliards de terriens qui peuvent ainsi travailler de n’importe où et pas uniquement dans un immeuble dédié au coworking. Ambitieux et rendu possible par l’expérience d’Accor acquise grâce à ses participations dans des sociétés de coworking.

🦘 Habitat intergénérationnel
En Vendée, pour vivre à proximité de son père tout en préservant son intimité, un trentenaire a imaginé une alternative à la maison de retraite, un “habitat kangourou” dont il a conçu les plans en 3D sur son ordinateur. Un nouveau métier ?


Crise et changement de vie

Toujours à propos du groupe hôtelier Accor, un quart de ses effectifs pourrait ne pas revenir travailler dans les établissements après la pandémie selon Sébastien Bazin, son PDG :

"Ce sont des personnes qui ont appris à passer du temps précieux avec leur famille, parce qu'ils ont sacrifié ce temps précieux en travaillant les week-ends, en travaillant le soir. Ils ne vont plus le faire, parce qu'ils ont envie de changer de vie ou parce qu'ils veulent apprendre un autre métier, ils ont pris du temps à la réflexion".


Avant de partir

C’est fini pour cette semaine. Vous pouvez rentrer chez vous… avec votre vélo de fonction (via Quête de connexion) :

Un dernier truc

Un dernier truc pour la route. La Zoom fatigue nous touche tous. En voilà un belle démonstration dans cette petite vidéo :

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