2020 : Annus très horribilis, mais pas que

Hauts les coeurs

Petit contretemps cette semaine qui a entraîné une livraison de la newsletter de Zevillage ce vendredi au lieu du jeudi. Désolé.

Comme chaque semaine, nous partageons une analyse à propos d’un thème d’actualité et une synthèse de notre veille sélectionnée pour aider à comprendre et à engager la transformation du travail.

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En avril 2020, Maxime Barbier lance Timeleft, un réseau social dédié à la réalisation de nos rêves. Il venait de passer six mois à voyager pour, lui-même, réaliser une partie de ses rêves.

Ce multi-entrepreneur n’aura pas eu le temps de prendre beaucoup de vacances. Fin 2019, il se faisait débarquer par son associé TF1 de Minute Buzz, le fameux site Web qu’il avait créé en 2010.

Depuis, il a changé de vie et sa vision d’entrepreneur sur l’entreprise, le télétravail, le travail nomade et sur les freelances a changé. Et ses priorités dans la vie aussi.


Nous sommes las

C’est dur en ce moment. Vous avez remarqué comme on supporte moins bien ce 2e confinement ? Plus d’Apéros Skype ni d’applaudissements de soignants à 20h, plus de cours de cuisine collectifs avec Cyril Lignac en communion avec toute la France.

En mars, on avait encore un objectif, une visibilité à court terme sur les événements : on allait déconfiner et tout cela serait un mauvais souvenir.

Le chômage partiel, les allocations diverses, la bonne volonté des services fiscaux, les prêts garantis ont aidé les entreprises à passer le cap.

Puis vint le 2e confinement. Moins sévère mais moins drôle. Cela ne nous amuse plus et l’on fatigue. Les entreprises ne peuvent - ou ne veulent - plus se réendetter pour regonfler leurs trésoreries, les cafés-restaurants et les salles de sport n’ont pas de visibilité sur la sortie du tunnel. Personne d’ailleurs ne sait où l’on va et cela nous angoisse ou nous déstabilise.

La “Zoom fatigue” s’empare de tout le monde, la participation et l’engagement dans les réunions et webinaires s’érode. La visio n’amuse plus, symptôme d’un monde malade.

D’ailleurs, le stress, l’angoisse et les dépressions augmentent et une étude laisse craindre une vague de suicides post-confinement ! Certes, la petite lueur d’espoir d’un vaccin fait espérer. Pas de chance, nous sommes l’un des pays les plus anti-vax au monde. De toute façon, la vaccination pour tous n’est pas pour demain.

Voyez-vous la lumière ?

Dans cette crise, nous ne sommes pas égaux devant les difficultés. Il y a ceux qui perdent beaucoup, qui n’ont plus le droit de travailler et ceux qui n’ont quasiment pas de filet de sécurité comme les travailleurs indépendants ou les étudiants privés de petits boulots. Et les salariés exposés qui redoutent le licenciement.

Et puis il y a le monde protégé, celui dans lequel on continue à toucher son traitement, celui qui continue comme avant car son business est réglementé, monopolistique. Ceux qui exagèrent un peu comme les grandes surfaces ou carrément comme les assureurs.

Plus exactement des secteurs qui se pensent protégés par leur statut acquis grâce à leur lobbying et par le flirt entretenu dans un capitalisme de connivence dont nous avons le secret.

Mais il n’est écrit nulle part que cet ancien monde va continuer pépère sa vie d’avant. Ni qui nous nous dirigions forcément vers le chaos.

Nous sommes engagés dans une reconfiguration de l’économie, dans une prise de conscience, accélérée par la pandémie, que tout est possible si nous le voulons. Et le pire n’est jamais sûr, c’est vous qui voyez, c’est vous qui décidez.

Par exemple, les “déserteurs de villes” et les changement de vie se multiplient et pas qu’en France. Il paraîtrait même que c’est un phénomène mondial. Et, chez nous, le télétravail massif a été entériné par l’accord interprofessionnel mal parti. Ça c’est fait.

Et si vous être très très pessimiste, voire survivaliste, vous pouvez quand même vous poser des questions de fond.


ZeQuote

« Toute espèce vivante trop sûre de sa force, convaincue de son invulnérabilité est éminemment vulnérable. Elle s’expose à des risques considérables et est promise à une mort rapide quels que soient ses atouts physiques. Toute espèce vivante dépourvue de peur est condamnée. Nombre de sociétés non humaines l’ont bien compris, nombre d’hommes feraient bien de le comprendre !  »

Gilles Boeuf, biologiste, dans le débat Eloge de la fragilité


Vite dit

👉  Tony Hsieh, le sympathique et timide créateur de Zappos, est mort cette semaine à 46 ans. Il aurait pu simplement profiter de sa fortune après la revente de son entreprise à Amazon mais il a préféré essayer de “libérer” son entreprise et de revitaliser un quartier de Las Vegas en investissant 350 M$.

👉  Accrochez-vous, cela va secouer dans l’immobilier d’entreprise. La prise à bail s’est écroulée de plus de 50% en un an et les entreprises restituent massivement des mètres carrés. Et cela devrait durer.

👉  Le malheur des uns fait le bonheur des autres (parfois). Il y a ainsi des secteurs et des métiers qui se développent grâce à la crise, comme dans le numérique.

👉  Claire Desmares-Poirrier est paysanne, néorurale, et activiste pour une ruralité positive. Elle a donné une webconférence (en replay) pour expliquer les difficultés qu’elle a pu rencontrer et surtout les avantages qu’elle trouve aujourd’hui dans ce virage à 180°.

👉  L’agriculture subit aussi sa transformation numérique. Les Russes ont même inventé une ferme cyberpunk qui vaut le détour.

👉  Au tour des Canaries de mettre le paquet pour attirer des télétravailleurs. Ils espèrent en attirer 30 000. Mais il faudra attendre le reflux du coronavirus.

👉  Prof de physique et youtubeur, il existe des enseignants qui n’ont pas les pieds dans le même sabot. Mais ce n’est pas simple.


Avant de partir

Et voilà, c’est fini pour cette semaine. Le télétravail solitaire, certains le recherchent. A l’extrême parfois comme Gauthier Toulemonde dans le désert d’Oman qui publie en ce moment des souvenirs de son dernier exil volontaire sur Facebook.

Un dernier truc

Merci pour vos gentimentaires et vos likes, cela fait chaud au coeur. Ce qui serait encore mieux c’est de parler de vos attentes pour cette newsletter. Idées de sujet, critique ou autre, lâchez-vous. Mais on ne crache pas sur les bisous quand même ;-)

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