Travail hybride : un modèle de consensus mou ?

Les entreprises semblent s'accorder sur un modèle de travail hybride qui autorise le télétravail 2 ou 3 jours par semaine. Mais le véritable changement est encore loin.

Cette fois c’est fait, c’est la rentrée - pour nous aussi - et même les enfants ont retrouvé l’école. La bonne nouvelle c’est qu’on l’a échappé belle : pas de 4e vague du virus. Mais ce n’est pas pour autant que les salariés veulent retrouver le chemin du bureau. Certains préféreraient même démissionner plutôt que de renoncer au télétravail !

Depuis mars 2020, l’acceptation du télétravail a progressé mais assez modestement. Après une période où l’on s’est fait peur avec une supposée menace de 100% télétravail, les entreprises semblent adhérer à un consensus de “travail hybride” dans lequel on pourra juste un peu plus télétravailler qu’avant la Covid.

Le secteur immobilier s’est lancé dans un véritable lobbying pour défendre la présence au bureau qui serait le seul moyen de socialiser les salariés. Pas une journée sans vanter les miracles de nouveaux aménagements plus attractifs, les trucs pour inciter les collaborateurs à revenir au bureau, ou encore les immeubles qui donnent envie de retourner au bureau. Ce qui n’empêche nullement les entreprises d’optimiser et de réduire leurs surfaces pour compter avec le télétravail qui rebat les cartes de l’immobilier.

Tout cela est très bien, réjouissons-nous de ces avancées. Mais les entreprise n’en ont pas pour autant fini avec le monde d’après. Elles ne pourront pas faire l’économie d’une prise en compte des évolutions sociétales, des nouvelles attentes des salariés.

Plus d’un an de confinements ont laissé du temps aux salariés pour réfléchir à leur condition, à leurs priorités de vie, à leur lieu de vie, à la place du travail dans leur vie. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le consensus mou sur le travail hybride ne répond pas aux questions.

Une fracture se crée. Un exemple : une étude menée par YouGov pour le cabinet de recrutement Nicholson Search & Selection menée début juillet auprès de 1000 personnes montre que 61% des 18-34 ans se déclarent pour le 100% travail à distance ! Autre illustration, le nombre de postes non pourvus a fortement augmenté au 1er trimestre de cette année avec une hausse de 21%. Rien que dans la restauration, 110 000 personnes ont décidé de se reconvertir en 2020 et de changer de vie.

Que faire ?

Il n’existe pas de réponse simple et unique à ce problème. Peut-être un conseil sur la méthode :

  • donner de l’autonomie aux salariés pour qu’ils choisissent le mode de fonctionnement qui leur convient le mieux

  • repenser le management pour l’adapter à la distance. Le lieu de travail n’est plus l’enjeu

  • repenser le rôle, l’aménagement des bureaux. Comment séduire des salariés avec des bureaux moches éclairés au néon ?

  • pourquoi ne pas réfléchir, enfin, au temps de travail, à la manière d’intégrer les freelances dans l’organisation, à l’usage des tiers-lieux.

    Un gros chantier.

    Et donc peu d’entreprise l’ont démarré. Si vous avez des exemples, nous sommes preneurs.

Share


Sécurité pour les freelances

🛎 Emmanuel Macron a annoncé ce matin un plan en faveur des 3 millions de travailleurs indépendants. Parmi les mesure structurelles importantes on retiendra un accès facilité à l’assurance chômage, la baisse des cotisations d’assurance maladie-accidents de travail et, surtout, mesure très attendue, une protection du patrimoine personnel en cas de défaillance. Pas encore une véritable protection des indépendants mais un bon début.

Leave a comment


Vite dit

⛺️ Tiny château
Il vend son château de 2 000 m² et s’installe dans une cabane de 30 m². Quinze jours avant le premier confinement, un girondin a troqué sa vie de château pour un habitat minimaliste.

👮‍♀️ Cyberdélinquance au bureau
Un employé du fisc suédois bloquait sa propre ligne téléphonique en l’appelant depuis son portable pour éviter de travailler. Il n’a fallu qu’une semaine pour le gauler.

🧘‍♀️ Portraits de Mavericks
Portraits vidéo de 10 Mavericks qui ont décidé de changer radicalement de métier. Ils ont dit “stop” pour s'offrir un quotidien en phase avec leurs aspirations.

C’est lui qui le dit
Benoît Serre, vice-président de l’ANDRH, association de DRH, s’attaque à un dogme : “Si demain vous avez une société du travail en France qui comporte 50 ou 60% de gens qui télétravaillent partiellement, il va falloir nécessairement se poser la question du temps de travail mais surtout de sa comptabilisation”.

💰 Google taxe le télétravail
Certains le redoutaient, Google l’a fait. Le salaire des googlers qui optent pour le télétravail est calculé en fonction de leur lieu de résidence.

🐯 Enfin une explication
Savez-vous pourquoi votre chat s'installe toujours sur votre ordinateur ? Voilà plusieurs pistes d’explication qui réconforteront beaucoup de télétravailleurs.


Avant de partir

Taxirail est un train léger autonome assurant rentabilité et service adapté aux «petites lignes » de chemin de fer. Inventé par un Breton, ce train “as a service” est actuellement testé en Normandie.


Un dernier truc

Le vélo, futur de nos mobilités, vous pourrez le vérifier dans ce dossier très complet.


Bonne semaine

Maintenant c’est fini, vous pouvez y aller. Et si vous aimez cette newsletter pensez à nous laisser un like en cliquant sur le petit ❤️. Et même la partager avec des amis.