Et si on arrêtait de prendre les salariés pour des enfants?

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Bonne lecture.


Pendant les vacances nous avions publié un article sur ce qui nous semble être une fausse opposition entre bureau et télétravail.

Mais derrière ce débat, finalement assez stérile, entre un monde qui a peur du changement face à un monde qui est déjà passé à autre chose, se cache le vrai débat de fond : comment et où faire travailler ensemble le plus efficacement possible des salariés ?

Nous sommes d’accord, opposer bureau et télétravail est une lutte d’arrière-garde (enfin pas pour tout le monde). L’enjeu est de « réconcilier ceux qui veulent aller de l’avant et ceux qui sont effrayés par le futur » comme l’expliquait Denis Pennel dans son dernier livre.

Or, le mode de fonctionnement des freelances s’est imposé aux entreprises avec l’épidémie de Covid : fin de l’unité de lieu, de temps et d'espace du travail au centre de l’organisation du travail née au XIXe siècle.

Crispation autour de l’open space et du bureau

Le symbole, la caricature de cette unité de lieu, de temps et d’espace est l’open space. Pensé - et vendu - comme une avancée collaborative, on connaît aujourd’hui ses limites et même ses effets pervers comme le bruit et le contrôle.

Et, c’est un comble, on y échange plus par mail et par chat qu’entre bureaux fermés (voir par ailleurs dans cet article une petite histoire de l’open space). Sans compter qu’en période de pandémie il est aussi une « usine à cluster ».

Certes, le problème du bureau, de l’espace qui incarne l’unité de lieu du travail, est un paramètre incontournable de la mutation du travail. Mais on ne peut subordonner l’évolution du travail au seul facteur immobilier.

Il n’y a pas de guerres de religion

Si on part du principe que l’on sait et que l’on peut travailler avec les autres indépendamment du lieu où l’on se trouve, la vraie questions est de savoir sur quels leviers jouer pour réussir la mutation de son entreprise.

Il n’y a pas de tabou, il n’y a pas de guerre de religion. Sauf pour ceux qui ont intérêt à ce que la situation de domination, de contrôle au bureau ne change pas. Je ne vous fais pas de dessin, vous avez compris.

Le seul levier, le seul pivot, si l’on réfléchit bien, c’est la confiance réciproque entre salariés et managers. Si on réussi à la créer, tous les problèmes disparaissent. Savoir si votre entreprise vous autorise à télétravailler 1 ou 3 jours par semaine ou pas le mercredi n’est plus le problème. Plus besoin de contrôler si votre salarié travaille, s’il est présent, si vous le managez avec confiance et avec des objectifs.

«  En France, on a une vision très dégradée du télétravail, comme si c’était une occasion de moins travailler. (…) Au lieu de penser à fournir au télétravailleur tout le confort nécessaire à son activité, on s’est surtout inquiété de savoir si ce dernier travaillait vraiment. » explique Pascal Dibie dans un entretien de Libération (via TechTrash).

La confiance est la solution et pas juste à l’opposition télétravail-bureau. La créer, l’installer, changer de culture, est un autre problème au sujet duquel nous échangerons volontiers avec vous.

Il est donc temps de se poser cette question (si ce n’est pas déjà fait) sur le degré de confiance que nous accordons dans le management de nos salariés. Cela permettra d’enfin arrêter de les prendre pour des enfants.

VITE DIT