En 2021, début de la fin du travail carboné ?

Temps agité pour l'emploi dans les secteurs carbonés ?

Bienvenue dans cette première livraison 2021 de la newsletter de Zevillage. L’occasion de vous souhaiter une très bonne année, moins morose que la précédente, même si le JT vous colle le blues.

Comme chaque jeudi, je partage avec vous une analyse à propos de l’évolution du travail et une sélection de notre veille pour vous donner envie et vous aider à vous engager dans la transformation du travail. Et merci à ceux qui m’envoient des petites infos ou des messages de soutien 🙏 .

Xavier de Mazenod

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La fragilité de nos modèles carbonés

L’été dernier, je suis passé à Saint-Nazaire où j’ai aperçu l’usine Airbus et les chantiers navals qui produisent les villes flottantes pour le tourisme de masse. Beaucoup de savoir-faire, beaucoup d’investissements, des production de qualité mais qui risquent de ne plus trop être tendance, même après la crise de la Covid-19.

Je me souviens m’être dit que Saint-Nazaire se réservait probablement des lendemains difficiles avec une économie reposant autant sur des industries carbonées frappées par le coronavirus. Pareil pour Toulouse ou Le Havre et pour bien d’autres villes. L’année 2020 nous a montré qu’en quelques semaines seulement des secteurs d’activité entiers pouvaient s’effondrer. Et tout particulièrement le tourisme, l’aéronautique ou l’automobile. Tous très polluants, très carbonés.

Le marché automobile est revenu en 2020 à son niveau de 1975 (plus d’un quart de baisse) et le secteur aéronautique pourrait mettre 5 à 7 ans à se relever de la crise sanitaire de 2020.

On se souvient tous des effets positifs du confinement sur la nature : silence sur terre et dans le ciel, atmosphère dégagée de la pollution, eaux de Venise transparentes. On y a pris goût et on s’est pris à croire que la crise nous pousserait sur le chemin de la sagesse. Et nous convertirait à des modes de consommation plus frugaux, plus responsables et… moins carbonés.

Pas de chance, dès la fin 2020, en Chine le trafic aérien était revenu à son niveau d’avant la crise.

Télétravail et travail décarboné

Alors, allons-nous profiter de la crise pour changer nos comportements ? Ou la tentation de repartir “comme en 40” comme les Chinois sera la plus forte ? Surtout que l’inertie est puissante, y compris dans les investissements comme le souligne Alain Grandjean, co-fondateur de Carbone 4 avec Jean-Marc Jancovici.

L’industrie n’a pas attendu la pandémie pour tenter d’améliorer son empreinte écologique, comme l’aviation qui travaille sur les avions du futur. Quand au tourisme de masse, il pourrait bien ne plus correspondre à notre monde sanitairement incertain ni rester longtemps socialement acceptable.

Mais, curieusement, le sujet du CO2 et de l’empreinte énergétique du travail dans le secteur tertiaire est rarement abordé. Pourtant, les déplacements domicile-travail, la création d’infrastructures pour supporter ces mouvements pendulaires, la construction de bureaux sont très énergivores et producteurs de CO2. Mais ils sont peu pris en compte dans les débats sur le télétravail.

Or, la pandémie a eu cette vertu de nous montrer que la mobilité n’était pas obligatoire pour travailler. Et l’on voit bien que le télétravail n’est pas vraiment le sujet dans la transformation de notre vie au travail. On sait le gérer depuis longtemps. Le véritable sujet est plus global : quelle organisation du travail plus vertueuse sur le plan écologique voulons-nous mettre en place ?


ZePrédictions

C’est la période qui veut cela, tout le monde y va de ses prédictions. Cela ne sert à rien car personne ne sait prédire l’avenir, sauf Elisabeth Tessier. Mais ces hypothèses ont une vertu : nous ouvrir des pistes de réflexion, nous faire réfléchir.

N.B : si vous ne maîtrisez pas bien la langue de Shakespeare et de Trump, Deepl vous aidera.


Vite dit

👉   Le télétravail va-t-il tuer le salariat ? Un article issu du dernier livre de Denis Pennel (on avait adoré le précédent).

👉   On le savait mais c’est bon à lire de nouveau : Télétravail : dans les bonnes conditions, il décuple les performances.

👉   C’est l’une des grandes peurs à propos du télétravail : la personnalisation du salaire selon le lieu d’habitation. Mais cela n’a pas l’air de freiner les télétravailleurs qui quittent les villes (en anglais).

👉   Les commerçants s’adaptent plus ou moins facilement à la crise. Témoignages de commerçants qui ont réussi leur mutation et résisté à la crise.

👉   Food’Lab : treize chefs se réunissent dans un même espace. Dans le 3e arrondissement de Lyon, ils travaillent dans 13 laboratoires pour développer uniquement de la vente à emporter.

👉   Ces bus scolaires amènent l’école jusqu’aux élèves. Près de Detroit, dans le Michigan, 50 bus ont été équipés de WiFi pour se transformer en écoles mobiles (en anglais).


Avant de partir

C’est fini pour cette semaine. Avant de partir, avez-vous vu cette vidéo ? Je suis perplexe face aux avancées rapides de la robotique. Elle me fascine et j’imagine des usages fantastiques au-delà de ces robots danseurs. Et, en même temps (ben quoi ?), je la trouve un peu flippante, façon Black Mirror. Et vous, cela vous fait rêver ou cela vous terrorise ?

Un dernier truc

Je réfléchis à une manière de mieux aider les lecteurs de cette newsletter, et de Zevillage, qui veulent échanger, partager leurs expériences et apprendre pour mieux transformer leur vie au travail. J’ai bien quelques idées à partager avec vous si vous êtes partants. Dites-moi.